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Clic final

Posted by Eltrum on 5 décembre 2019 in humeur |

Clic final

L’autre rode, à l’orée de ma conscience, je sens ses doigts imaginaires caresser une dernière fois le clavier avant de prendre possession de moi. Nous savons tout deux ce qui se passera bientôt. Les derniers tours de piste ensemble, les derniers clics. Voilà 10 ans que j’ai ouvert ce blog. 10 ans où j’ai publié des historettes des histoires de chats, des humeurs. J’ai ouvert ce blog après avoir pris un serveur ftp et un nom de domaine chez OVH, à une époque où ma situation financière, mentale, familiale était très différente de ce qu’elle est actuellement. Je l’ai ouvert à une époque où le besoin d’écrire, de partager mes états émotionnels, étaient une forme de catharsis. C’était mon chemin vers ma propre guérison. Poser par écrit tant le birunivers que mes émotions, me permettait de les évacuer, de m’en débarrasser.

J’ai lu quelque part qu’il faut 7 ans pour « maitriser » un sujet, que cela signifiait que ces 7 années pouvaient correspondre à une vie pour se réinventer. J’ai toujours apprécié cette idée : tous les 7 ans on a cette possibilité de devenir quelqu’un d’autre, quelqu’un de nouveau, de se réinventer entièrement. Pour moi ce fut 7 années, suivit de trois années à tenter de faire vivoter ce blog. 10 ans en bref.

A présent, ce blog va fermer définitivement ses portes. A la fin de l’année lui, ainsi que le ftp qui lui est associé et le nom de domaine allant de pair, ne verront pas leur abonnement OVH prolongé. Je n’ai plus besoin de leurs services. Au même titre -et pour les mêmes raisons- que j’ai abandonné synchrone en septembre, le birublog m’est désormais inutile. Il a fait son office mais est une autre couche dont je dois me débarrasser à son tour… une forme de mue.

L’autre et la nymphe furent important durant ces 10 ans, assez pour que, d’une certaine manière, je leur donne corps et personnalité à travers les vols de nuit, à travers les « clics », à travers mes billets d’humeur. Mais depuis que j’ai pris conscience de leur véritable nature, ils ne se sont plus manifestés. Je n’ai plus ressenti ce besoin d’écrire impérieux qui m’emportait parfois en une sorte de transe. Et je sais que, après le dernier « clic », le clic final, ils ne se manifesteront plus… ou du moins plus avant longtemps.

Alors je profiterais, même si c’est bizarre, de ces dernières lignes pour les remercier de m’avoir accompagné pendant ces 10 années, de m’avoir aidé à me soigner. Je vous remercie vous aussi, lecteurs, d’avoir parcouru ce blog pendant ces 10 ans, d’avoir partagé mes émotions.

Merci

Clic !

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Etre père 9 – Je suis lâche

Posted by Eltrum on 20 octobre 2019 in humeur |

Je suis lâche. Ok, cette affirmation devrait, au mieux, surprendre ceux qui me connaissent un tant soit peu… que ce soit physiquement ou simplement par mes messages sur internet ou sur facebook. Et pourtant, elle est vraie… même si je n’ai pris conscience que récemment à quel point elle l’était.

Je pense, enfin j’espère, que quand on pense à moi, la première image qu’on a c’est une espèce de gros bourrin barbu un peu beuglard. C’est l’image que je me donne… et c’est que de la gueule. Car oui, je suis lâche. D’une lâcheté affligeante. Et cette image de bourrin imposant que je me donne puise sa source même dans cette lâcheté. Je suis non-seulement incapable de lever la main sur quelqu’un ou de me battre mais je suis terrifié à cette idée même. Le simple fait d’y penser pour l’écrire me donne des vertiges et des nausées. Et la meilleure méthode que j’ai trouvé pour que ça ne puisse pas arriver… c’est d’être assez impressionnant et assez inquiétant pour que ceux risquant de vouloir tenter le coup aient peur d’essayer, « au cas où ».

Dans ma « jeunesse » (aie le coup de vieux) je fut… un bagarreur. Je n’ai jamais provoqué une baston, mais j’ai suivi les conseils de mon grand-père : toujours être celui qui la finit. Et vous n’imaginez pas à quel point ça me terrifiait. J’étais un enfant « martyrisé » (on dirait harcelé désormais) et la seule solution que j’avais trouvé déjà à l’époque était finalement de défoncer assez fort mes harceleurs pour qu’ils n’aient plus l’idée de venir se défouler sur moi. Par la, en grandissant, je me suis rendu compte que la simple idée de se faire défoncer suffisait à calmer les petites frappes en tout genre. L’idée désormais n’était pas d’ÊTRE violent, mais de faire croire à l’autre qu’on peut le devenir à tout instant. Ça a marché… mieux que je ne l’aurais cru. A tel point que je me suis enfermé dans ce rôle de gros bourrin. Et ma lâcheté a grandit en même temps que j’affichais un masque de bourrin toujours plus grand en bouclier. Plus ma lâcheté grandissait, plus ma peur de l’autre, des interactions sociales en faisait de même, plus le bouclier du bourrin grandissait. Cercle vicieux…

J’aurais dû m’alerter quand une amie m’a avoué, des années plus tard, avoir cru que j’allais la tuer après m’avoir annoncé une mauvaise nouvelle. J’aurais dû… je ne l’ai pas fait.

Récemment mon fils m’a réveillé en pleine nuit, au moment où je sombrait, d’une manière qui m’a terrifié… cette peur a immédiatement, et par pur réflexe, activé le « bouclier de bourrin »… et j’ai réagi instinctivement en faisant peur à ce qui m’avait « agressé ».

 

Je ne peux pas me pardonner d’avoir réagis agressivement pour faire peur à mon fils. Je ne peux pas me permettre ce genre de comportements.

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Etre père 8

Posted by Eltrum on 20 septembre 2019 in humeur |

Etre père

Honnêtement, on m’aurait prévenu du stress qu’implique la paternité avant la naissance de Angus, je me serais fait une vasectomie directe. Je me doutais qu’être père était stressant… mais pas à ce point. Je passe l’intégralité de mon temps d’éveil a stresser. Stresser pour son avenir, stresser de savoir si je fais bien, stressé de trop faire ceci, pas assez cela, d’être trop strict ou trop laxiste. De… mes journées avec lui ne sont qu’une boule de stress. Quand il est présent je n’ai qu’une seule envie c’est de le foutre à l’école ou chez ses grands-parents pour ne plus avoir ce stress permanent. pourtant quand il n’est pas là je n’ai qu’une seule envie c’est qu’il soit présent, de le voir, de le serrer dans mes bras, d’être avec lui tout simplement. Jamais je n’avais eu de sentiments aussi contradictoires avec quelqu’un. Mes journées à ses côtés ne sont qu’une pelote compacte de stress et d’angoisses. Et mes nuits, depuis sa naissance, ne sont qu’un long et continuel cauchemar au point que j’en ai peur d’aller dormir… oui si on m’avait prévenu avant que je vivrais ça j’aurais demandé une vasectomie…

Et pourtant…

Et pourtant je serais passé à côté de tellement de joies, de bonheur et de fiertés. Je serais passé à côté de cette joie primale, indescriptible, quand il me voit quand je vais le chercher à l’école et qu’il me court dans les bras. Je serais passé à côté de ce bonheur qui m’envois si haut quand il me dit simplement « papa je t’aime ». Je serais passé à côté de cette fierté irraisonnée quand on me dit qu’il est beau, qu’il est intelligent ou qu’il est bien élevé et poli. Je serais passé à côté de tellement de petites choses du quotidien. Ce soulagement quand il finit par s’endormir après d’âpres discussions, ou simplement quand il s’endort SANS ces âpres discussions. Je serais passé à côté de son regard émerveillé quand il découvre le monde, de son rire tellement merveilleux quand on joue ensemble, de…

Oui, si on m’avait prévenu des inconvénients de la paternité j’aurais subi une vasectomie… car je n’aurais pas été capable de comprendre qu’ils sont très largement compensés par ces petits bonheurs. Et j’aurais été très stupide.

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Fire at Will

Posted by Eltrum on 28 juillet 2019 in historettes |

Le commandant regarde son second, l’air las et fatigué de celui qui as eu une longue journée et pour qui s’annonce une nuit encore plus longue.

« Pardon ? »

Le second est raide comme un I, de ceux qui savent qu’ils annoncent une mauvaise nouvelle, qui doivent expliquer le pourquoi du comment et qui jouent leur poste sur la formulation de ce pourquoi du comment.

« C’était un bug commandant… »

Le commandant regarde à nouveau le rapport… « Vous êtes en train de m’expliquer… que j’ai un bataillon entier de HDT et un autre de faucheurs noirs à l’infirmerie, un régiment de chars de combat hors service, l’intégralité des stands d’entraînement et la moitié du pont 4 en ruine, assez de trou dans la coque pour faire pâlir d’envie une fromagerie suisse… et que c’est un… bug ? »

« Oui commandant… » Le second déglutis difficilement, essayant de trouver comment se tirer de cette situation… au final ; une lettre de démission et un « casse toi vite ailleurs pas là » semblent une bonne alternative à son futur immédiat.

« Pourriez-vous… développer ? »

Le second explore quelques secondes ses possibilités de mutation avant de répondre.

« Comme vous le savez commandant, un exercice d’entraînement multi-équipement a été organisé hier » Merdoros XI, station balnéaire mineure, trois pécores et deux tondu qui vivottent vaguement de l’industrie touristique.

« Oui, je suis au courant, c’est moi qui en ai donné l’ordre » soupire le commandant…

« Malheureusement, il s’est avéré qu’une majorité du personnel déployé était Ash… »

« Oui… et ? Feriez-vous du racisme ? »

Worm, monde glacé, en bordure… juste une station de recherche… loin… très loin… « Non commandant… mais comme vous le savez les Ash descendent des familles américaines et parlent donc Anglais. »

« Je ne vois pas le rapport »

Le second déglutit à nouveau… commençant à calculer les vols les plus économiques pour la bordure… « Le chef instructeur était lui aussi Ash, parlant donc Anglais… hors vous le savez le dicton favori des Ash est « Penser c’est désobéir » »

« C’est un cliché raciste… »

Au diable l’économie… le premier vol en partance…

« Malheureusement… Babel fish, permettant de traduire automatiquement les langues a eu un… bug commandant et n’a pas fonctionné sur une phrase ».

Le commandant soupira longuement… « Oui, ça vous me l’avez déjà dit… »

Le premier vol au départ du vaisseau était dans 20 minutes, juste le temps de finir l’explication, de fermer la porte… et de courir.

« L’ordre d’ouvrir le feu à été donné en anglais commandant »

« Je ne comprends toujours pas »

« L’ordre était “fire at will” commandant »

« Eeeeeet ? »

« Il s’est avéré plus tard que certains des HDT et des faucheurs noirs s’appelaient will »

« Ho… »

« En effet commandant… les choses ont rapidement dégénérées »

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Vol de nuit -neural-link-

Posted by Eltrum on 24 juillet 2019 in humeur |

*Clic* je me tourne, me retourne dans mon lit ce soir. Le sommeil me fuis. Je sens une présence en maraude à la limite de ma conscience… il m’a laissé tranquille ces derniers temps, mais depuis quelques jours sa présence se fait plus… impérieuse. Il rodait, rongeait son frein, attendait un soir où je n’arriverais pas à m’endormir. Sa comparse a commencé à me chatouiller les synapses. Un premier mot est apparu, puis un suivant, puis des phrases. Et j’ai cédé… car je sais que si je ne le fais pas, le sommeil continuera de me fuir. Je sais que si je ne m’abandonne pas à eux je ne ferais que me tourner et me retourner jusqu’au petites lueurs de l’aube. Le claquement a détonné en moi, s’est répandu dans chaque fibre de mon être. *CLIC*, l’interrupteur des touches s’est enfoncé, l’Autre a pris le contrôle, le vol de nuit décolle.

Je me suis habitué à ma vie en chine désormais… c’est presque « métro, boulot, dodo » pour moi désormais. Conduire le fils à la « garderie », rentrer à la maison, m’occuper un peu dans la journée, aller chercher le fils, rentrer à la maison, manger… une vie normale. Quelque chose dont je n’aurais pas rêvé il y a quelques années. Des changements vont arriver d’ici quelques mois… mais globalement ma vie est désormais posée : je suis un papa, j’ai des responsabilités, j’éduque mon fils du mieux que je peut malgré mes défauts. Parfois les ténèbres gagnent une bataille, arrivent à me faire perdre le contrôle de mes émotions, me font entrer dans cette colère totalement irraisonnée… mais la plupart du temps elles se tiennent désormais tranquilles. Elles ne réapparaissent que quand je suis en phase de stress intense, durant plusieurs jours. Dans les moments où je suis le plus faible et fragile elles frappent… puis retournent précipitamment se cacher dans mon ombre. Elles ne sont pas vaincues, elles sont mon ennemi de toujours, ma némésis… mais une némésis exsangue qui ne peut me frapper que si toutes les conditions sont réunies. En dehors de ces moments… j’ai envie de dire que tout va bien. Et pourtant.

Pourquoi je me sens si… mal à l’aise ?

J’ai du temps pour moi, j’ai une femme qui m’aime, j’ai un fils merveilleux, je ne manque de rien sans être riche… pourquoi je me sens… pas à ma place ? Et pourquoi cette information continue de tourner dans ma tête ? Celle qui m’a maintenu éveillé jusqu’ici ? Neural-link… l’idée m’attire, me plait, me séduit… et me terrifie au-delà de ce qu’il est imaginable.

Une puce informatique installée dans le cerveau…

L’idée même me fait rêver depuis mon adolescence, ne faire qu’un avec l’informatique. Il y a 4 ou 5 ans je me serais déjà inscrit sur liste d’attente pour me la faire installer dès que possible. J’aurais considéré que j’avais tout à y gagner, rien a y perdre. Désormais j’ai tellement à y perdre si quelque chose se passait mal. Je chéri ma vie actuelle, de tout mon cœur, de tout mon esprit… et surtout je chéri de voir grandir mon fils, de l’éduquer, de lui montrer le bon exemple. Et je me dis que le neural-link est un implant dans le cerveau. Que si une seule chose se passait mal, ma personnalité, mon identité serait intégralement détruite. Je l’ai vu sur mes deux grand-mères… un seul petit dommage au cerveau… et la personnalité est détruite. Il ne reste plus rien de ce qu’on était. Hors c’est celui que je suis actuellement qui profite de ces moments de complicité avec son fils sur le chemin de l’école. C’est celui que je suis qui aime sa femme tendrement, même pendant les disputes les plus violentes. Et c’est celui que je suis qui ferme la porte d’un rêve potentiel… pour garder la réalité tant chérie. Ce qui me perturbes le plus… c’est ce constat. C’est découvrir ce changement dans ma mentalité. Cette découverte m’empêche de dormir.

La paternité m’aura… changé, plus en profondeur que je ne le pensais possible.

Maintenant que j’ai mis les mots sur mon trouble, que je sais ce qui m’empêchait de dormir, je sens le sommeil me gagner. Dans mon esprit l’Autre se retire, l’air amusé. Et pour la première fois je sais QUI est l’Autre… je viens de comprendre à l’instant quel était son rôle de ce « fragment » de moi-même.

Merci à toi, moi-même.

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Pierre angulaire

Posted by Eltrum on 14 juillet 2019 in humeur |

J’ai beaucoup hésité avant d’écrire cet article. Parce qu’il sera difficile a comprendre, parce qu’il va vous faire plonger au centre même de ma maladie, de ma personnalité et de ma restructuration. Si vous pensez le sujet trop personnel, veuillez vous arrêter là car il peut vous mettre mal a l’aise. Et ce message parlera principalement de l’être qui a eu le plus d’importance dans ma vie, un simple chat… et surtout expliquera pourquoi exactement il a eu une telle importance…

Pour me comprendre, et pour comprendre ce qui va suivre, il faut comprendre le mental d’un schizophrène… ne serait-ce que de manière imagée. On dit que les yeux sont le miroir de l’âme… comme j’aime cette idée je me servirai de ce concept de miroir ici. Celui des « normaux » est une surface lisse, unique, parfaitement réfléchissante. Tandis que celui des schizophrènes est un vaste amoncellement de fragment flottants dans tous les sens. Le terme schizophrénie signifie esprit fragmenté. Chacun de ces fragments reflète un aspect différent de notre être, une émotion, une de nos petites voix, une part de nous… sans que nous ne puissions avoir de contrôle sur leur dérive ou ce qu’il vont réfléchir ou quand ils vont le réfléchir. Les toucher pour tenter d’en prendre le contrôle nous blesse… ou blesse ceux qui sont autour de nous a travers nos crises.
La scène est décrite, maintenant mettons tout ça en route.
Quand j’ai commencé a me faire soigner, les médicaments ont simplement fait office de colle. Pour remettre les morceaux en place, les faire tenir ensembles. Le premier médicament n’a pas été très efficaces… il faisait tenir quelques temps puis s’effritait et les morceau se retrouvaient a nouveau séparés. Puis deux choses Se sont produites au même moment dans ma vie, deux événements qui si ils avaient été séparés n’auraient pas eu autant d’importance pour moi… mais qui sont réellement entrés en résonnance et m’ont permis de me reconstruire, d’exister brusquement alors que la schizophrénie m’avait déjà volé 10 ans.
Un changement de traitement, une colle plus performante si vous préférez l’image, et l’arrivée d’un chat dans ma vie : Aton. Et c’est ici que nous attaquons réellement me le sujet de cet article.
Aton est arrivé alors que je me retrouvais seul face a mon puzzle mental. Dans les premier articles je le décrivait comme étant le soleil m’éclairant alors que je détruisais ma forteresse mentale. Mais ce ne fut pas son unique rôle et je n’en ai pris conscience que récemment.
Aton fut la première créature a réellement m’atteindre, a ne pas se fier a la surface brisée du miroir qu’il pouvait voir. Et a louvoyer entre les débris pour me toucher au plus profond de mon âme… et s’y loger en ronronnant. Il a pris dans mon être un espace tel et a un moment où je commençais réellement a rassembler les morceaux qui me constituaient… que je l’ai utilisé comme pierre angulaire. C’est autour de lui que j’ai commencé a rebâtir mon esprit, il fut le centre que j’ai utilisé pour rebâtir mon miroir.
Il n’est pas resté longtemps dans ma vie, seulement neuf mois… juste assez longtemps pour que, sans m’en rendre compte toutes les pièces soient placées autour de lui et que la colle ait commencée a prendre. Laissant un petit trou en forme de chat a sa mort. Ce trou est le centre de mon être, ce petit vide est celui qui m’a permis de me reconstruire, de me remettre en jeu dans la vie. A partir de lui j’ai pu nouer des amitiés, avoir un appartement a moi, voyager, rencontrer ma femme, avoir un enfant… sans cette reconstruction, sans la première pièce que fût Aton et qui permit de coller les autres… je n’aurais pas pu espérer tout ça. Sans d’autres éléments non plus, j’admets. Mais Aton fut réellement la première pierre, la fondation, la base de tout ça.

C’est pour ça que, au centre de mon être, résidera a jamais ce petit trou douloureux en forme de chat.

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Etre père 7

Posted by Eltrum on 7 mars 2019 in humeur |

Angus… voilà bien longtemps que je n’ai plus ouvert ce blog pour écrire mes billets d’humeur, mes vols de nuit comme je les appelais. J’écris ce texte pour toi mon fils, même si je ne sais pas si tu le liras un jour, ni même si ce blog existera toujours quand tu seras en âge de le lire et de le comprendre. Je désire que tu saches que tu m’as changé, pour le mieux j’espère. J’ai toujours été un branleur, incapable de se prendre en main, de faire attention, de prendre soin de lui… je le suis toujours quand il s’agit de moi. Mais quand le sujet porte sur toi… je deviens « un autre ». Mon mental change, je fais attention à toi, à ce qui t’entoure, je fais attention à prendre soin de toi. Jamais quelqu’un n’a eu autant d’importance dans ma vie mon fils.

Cela fait maintenant presque deux ans que tu es né (plus que quelques jours et tu auras ton deuxième anniversaire). Je t’ai vu grandir et faire tes premières fois, j’ai été à tes côtés pour ça alors qu’a ta naissance je m’inquiétais de ne pas être présent, alors que je m’inquiétais de vivre en France et toi en chine avec ta mère. Par amour pour toi et pour ta mère je me suis expatrié dans ce pays dont je ne comprends toujours pas la langue. Et je le resterai aussi longtemps que vous aurez besoin de moi.

Ma vie en chine et ma vie en France sont… tellement différentes, que je me surprends parfois à être une seule personne qui les vit. Ici, en chine, mon attention est focalisée sur toi, sur ton bien-être, sur ta santé, je fais attention à te montrer un bon exemple, un exemple paternel digne de toi. En France je redeviens le Pierre schizophrène, branleur et inconstant, l’ado attardé.

Je t’ai vu grandir au cours de ces deux ans mon fils. Tu es devenu un petit garçon magnifique, plein de vie, de joie, d’amour, de gentillesse. J’avais peur de ne pas être là pour t’éduquer, ou de ne pas savoir t’éduquer correctement, d’être trop « laxiste »… paradoxalement je suis le plus strict de la famille. J’essaye de t’habituer à des choses qui semblent normales aux autres, mais que mes parents n’ont jamais réussi à m’apprendre. Être propre, faire attention à l’heure, faire passer les choses importantes en priorité. Et en t’apprenant ces choses, en t’habituant à ces choses… je m’habitue moi-même à elles. Je m’arrête de faire des choses qui me semblaient -autrefois- prioritaires pour m’occuper de toi. Pour m’occuper de ma réelle priorité, toi.

J’essaye de me montrer digne du fils fantastique que tu es, d’être un père que tu regardera avec amour et fierté, d’être un père capable de t’éduquer correctement. Et a travers ça, j’essaye de faire honneur à mon propre père qui fut lui aussi fantastique.

Je t’aime mon fils, j’espère que tu deviendra un enfant, un adolescent et un homme merveilleux.

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L’éveil des bios [Part 45]

Posted by Eltrum on 9 novembre 2018 in Uncategorized |

« Ho je connais déjà vos questions, tellement de questions et si peu d’éternité pour y répondre » Commença le fomme. « Je pourrais répondre à certaines, mais pas toutes. » ielle soupira. « Et la première de toutes, si elle est la plus logique n’en est pas moins la plus hors de propos : Je suis lea spectateurice du temps. Ma fonction et mon destin sont d’observer l’univers selon ses époques. » le fomme s’accrocha à une paroi après avoir dérivé un instant suite à son soupir. « Oui, je vous observerais depuis votre naissance »

La manière de s’exprimer de l’entité mettait les quatre équipiers mal a l’aise. Surtout sa façon de mélanger passé, présent et futur dans une même phrase.

« Vous trouviez certaines des réponses que vous vous posez quand vous franchirez la porte 2. Même si je voyais l’univers je perdrai votre image après que vous entrez dans le couloir »

Akira se pinçait l’arrête de nez, le mélange de temps, associé à l’aspect changeant du fomme lui donnait la migraine, de même que sa voix parfois terriblement grave, parfois si aigue qu’elle tirait vers l’ultra-son.

« Ha… évidemment, pour votre prochaine question. Il existera évidemment un moyen. Il fallut que vous… »

La détonation, associé au fait que sa tête explosa en une gerbe de sang, les empêcha d’entendre la fin de la phrase. Trois têtes se tournèrent vers Ace qui les regardait, une lueur folle dans le regard, le pistolet fumant en main.

« J’en pouvais plus… »

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être père 6

Posted by Eltrum on 25 septembre 2018 in humeur |

Ceci est un jalon mental 

Clic 

Il est 5heures du matin, cela fait deux heures et demies que j’ai été réveillé par des coups de pieds de bébé dans la gueule. J’ai tenté de fumer un coup, de me vider la tête avant de me recoucher et j’ai passé 30 minutes à faire la crèpe dans le lit, me tournant et me retournant continuellement. Puis l’évidence s’est imposée à moi. Quatre lettres, un son qui résonne dans mon esprit comme un coup de buttoir… “CLIC”. La muse est arrivée, les mots ont commencés à couler le long de mes bras, mes doigts se sont agités. L’Autre a pris le contrôle de mes jambes et m’a conduit à mon clavier. Mes sens se sont fermés, je me suis effacé au profit de l’Autre, mon esprit à étendu ses ailes, le vol de nuit a décollé. 

 

Je reviens de voyage trente jours en France, dont 20 jours uniquement avec toi mon fils. Au cours de ces 20 jours, je t’ai vu plus changer qu’au cours des autres mois qui ont précédés. Je t’ai vu découvrir que le monde, que ton univers, ne se limitait pas seulement à maman. Que papa aussi avait de l’importance, et au-delà mamie, papou, papy. Je t’ai vu découvrir ton amour pour ton père et ta famille française, toi qui avant te préoccupait à peine de mon existence. À présent tu pleures si je m’en vais, tu me réclames, tu désires ma présence.  

Je ne saurais t’expliquer la joie et la fierté de t’avoir pour fils, quand tu marches à mes côtés, ton visage toujours si sérieux, en tenant un de mes doigts dans ta minuscule main. Quand tu me regardes et me fait ton sourire rayonnant et radieux tu éfface tous les soucis que je pourrais ressentir. Ton rire si merveilleux en deviendrait pratiquement une drogue pour moi. 

Je me dis qu’à une époque, j’ai été comme toi, j’ai regardé mon père avec la même confiance et la même adoration dans le regard, qu’à une époque j’ai marché doigt dans la main à ses côtés moi aussi. Qu’à une époque j’ai moi aussi fait ce que tu es en train de faire : j’ai élevé cette statue mentale à l’être paparfait. Et je crains, je redoute de tout mon être, le jour ou la suite suivra logiquement… mais j’ai encore une dizaine d’années avant que tu ne commences à détruire cette statue protectrice pour te construire ta propre personnalité.  

De mon côté je me bas, je me bats contre moi-même chaque jour qui passe. Je me bats pour être digne de toi, pour être un bon père. Pour mériter ton amour et l’adoration que je vois dans ton regard. Ce n’est pas facile d’être père, encore moins père schizophrène. Parfois je perds pieds, parfois la maladie gagne une bataille, parfois je me laisse aller. Si à ce moment là tu as fait une bétise de bébé, la violence qui m’emporte me fait me détester moi-même. Violence du ton, violence des mots… je t’aimes plus que tout au monde et pourtant je me retrouves à te crier dessus pour une raison futile. Jamais je n’irais jusqu’à la violence physique, du moins contre toi. Je me blesserais toujours moi-même avant pour pouvoir reprendre le contrôle. Et quand je le reprends, quand je retrouve contrôle sur moi-même, après ces crises de colère… personnes n’a jamais haï quelqu’un autant que ce que je me hais à ces moments-là.  

Car ces moments ou la maladie domine, ou la schizophrénie prends le pas sur la sanité…. je repense à ces témoignages d’enfants de schizo, au mépris, à la haine dans leurs propos. Et à chaque fois, quand je reprends le contrôle, je me dis que j’ai fais un pas de plus dans cette direction, que j’ai fait un pas de plus vers le jour où tu tiendras de tels propos à mon sujet, vers le jours où toi aussi tu auras un tel mépris. Et je n’ai pas assez de mots pour exprimer la douleur à la simple idée que tu ressentes de telles choses un jour. Alors je me bats, chaque jour, chaque heure, chaque instant contre moi-même, pour toi. Tu es désormais la raison de mon combat, mais surtout tu es la force qui me permet de le continuer. 

 

L’autre se retire de mes mains, de mes bras, de mes jambes. Il est temps pour le vol de nuit d’attérir et pour moi de retourner dormir, en espérant que d’autres coups de pieds ne me réveilleront pas.

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L’éveil des bios [Part 44]

Posted by Eltrum on 26 juillet 2018 in historettes |

« Ok… dans quel sens on est sensé regarder ? » Ace flottait vaguement et heurta une des parois de la station spatiale.

« Je dirais que c’est… des écrans ? » Djibrila flottait dans l’environnement zéro gravité et heurta Akira

« Ouep… des écrans… dans une station spatiale » Commenta Akira, sa paupière tremblotait légèrement et un sourire en coin de mauvais augure déformait sa bouche.

Tout autour d’eux des enfilades de corridors couverts d’écrans sur l’ensemble des murs. Chaque écran semblait montrer un lieu différent, parfois d’un point de vue fixe, parfois par les yeux d’une personne ou d’une créature. Sur certains il était possible de voir des lieux communs mais visiblement à des époques différentes. L’absence de gravité les surprenait presque autant que le reste, et Shreder battait lamentablement des membres, perdant tous ses repères.

C’est le « Ho ! » qui les fit se retourner, un homme aux traits jeunes se tenait dans un des couloirs, il portait un pyjama bleu nuit parsemé de grosses étoiles jaunes, un long bonnet de nuit semblable et des pantoufle lapin roses fushia. « Ho ! » répéta-t-il à nouveau. « Vous ! Quelle joie de vous rencontrer enfin… ou déjà ? ». Ses longs cheveux argent flottaient autour de lui, sous son bonnet, comme la chevelure d’une météorite alors qu’il ouvrait de grands yeux totalement bleus.

« Putain de bled… encore un weirdo » murmura Djibrila.

L’homme flotta doucement dans leur direction et leur serra la main tour à tour, des larmes de joie coulant sur son visage comme une groupie de quatorze ans rencontrant son idole. « Ho si vous saviez à quel point je suis heureuxe ! » Dit-il en serrant la main de Djibrilla. Celle-ci en voyant son visage de plus prêt n’était plus aussi certaine que ce soit véritablement un homme. Traits masculins et féminins semblaient se mêler, il semblait jeune au visage lisse puis la seconde suivante la lumière changeait et il semblait vieux et couvert de rides.

« Ce que vous ferez m’avait beaucoup impressionné.e ».

Ace ouvrit grand la bouche puis, se rendant compte qu’il allait probablement dire quelque chose de déplacé pour une fois, la referma.

Le fomme leur serra une nouvelle fois la main, puis les prit dans ses bras en répétant à nouveau « quel joie, quelle joie »

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